Le champ du possible

Un blog d’humeurs jardinières

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Le désir de Toichi Itoh

De lui, on ne sait rien ou presque rien. L’homme a été effacé, il a cependant donné son nom à un hybride de pivoines connu de tous les amateurs.

Alors, j’imagine la scène en noir et blanc; seules les couleurs des pivoines de sa serre émergent: jaune pâle, rose clair, blanc pur. On est dans les années quarante, Toichi Itoh est peut-être ouvrier dans une entreprise de Tokyo ou bien agent d’assurances, mais son amour, ce sont les fleurs, sa passion, les pivoines qu’il cultive dans son jardin de banlieue. A chaque moment de liberté, il leur consacre tous ses efforts: ce qu’il désire le plus, Toichi, c’est célébrer le mariage des deux espèces de pivoines, les herbacées et les arbustives pour obtenir le meilleur des deux. Il ne se souvient même plus comment est née cette idée, botaniquement impossible… Alors, il essaye de polliniser au pinceau, de créer des boutures, des greffons. Sa femme l’appelle pour le repas, il n’entend pas, Toichi: il a une mission.

Un document dit qu’il a effectué 20’000 croisements ratés. Toichi Itoh a sûrement connu des moments de découragement, voulu tout arrêter et cultiver des roses, mais en 1948 cependant, la réussite est au rendez-vous: le premier cultivar intersectionnel est né d’une plante herbacée à fleurs blanches (P. lactifolia ‘Kakaden’) et du pollen provenant d’une plante ligneuse à fleurs jaunes (P. x lemoinei). Madame Itoh a servi le saké!

Seulement voilà, Toichi Itoh est mort en 1956, le drame est qu’il n’a jamais vu sa pivoine fleurir, ce qui est s’est produit en 1964 ! Madame Itoh a laissé les pivoines là ou elles étaient, dans la serre. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais, heureusement, un comptable américain à la retraite, Louis Smirnow, en a eu connaissance. En 1966, il a rendu visite à la veuve de Toichi Itoh et a sécurisé six plantes.

Smirnow, un autre cinglé de pivoines arbustives, s’y est intéressé dès 1931, lorsque sa femme et lui-même achetèrent leur première maison avec jardin. Sa passion pour la plante grandit et il finit par ouvrir une pépinière par correspondance spécialisée dans les pivoines arbustives. Pour trouver ces rares pivoines, il a parcouru le monde à leur recherche, persuadant même les Chinois de le laisser entrer dans le pays en 1979, environ cinq ans avant que la plupart des Occidentaux ne soient autorisés à passer la frontière. En 1974, il a enregistré quatre hybrides issu de la serre de Toichi Itoh, sous le nom d’Itoh Smirnow, en les baptisant «couronne jaune», «rêve jaune», «empereur jaune» et «ciel jaune». Une décennie plus tard, des obtenteurs américains ont commencé à introduire leurs propres hybrides intersectionnels. A l’époque, ces hybrides ne pouvaient être multipliés que par division, et coûtaient entre 300 et 1 000 dollars. Aujourd’hui, la technologie permet de produire en masse les pivoines Itoh en culture tissulaire.

La passion des pivoines ne date pas d’aujourd’hui et Toichi Itoh et Louis Smirnow n’étaient pas les seuls à en être saisi: En Chine, où elle était cultivée depuis le VIIIe siècle, la pivoine, en particulier la rouge, était considérée comme la reine des fleurs. Ses formes généreuses, ses floraisons voluptueuses exprimaient l’abondance. Les Grecs, quant à eux, lui attribuaient des pouvoirs magiques et la capacité à repousser les esprits mauvais. Son nom, Paeonia, lui vient d’ailleurs de Paeon, médecin des dieux de la mythologie grecque qui, selon Homère, l’utilisa en baume pour guérir Pluton de la blessure à l’épaule infligée par une flèche d’Hercule.

La pivoine herbacée se trouve à l’état endémique sur tout l’hémisphère nord, tandis que l’arbustive vient de Chine et des contreforts de l’Himalaya. Un peu oubliée dans les jardins de nos grands-mères, la pivoine refait surface depuis une cinquantaine d’années avec de nombreux cultivars de couleurs et formes variées. Il est encore possible de trouver la pivoine des paysans dite P. officinalis, parmi des centaines, voire des milliers de cultivars, dans certaines jardineries spécialisées. Pour s’y retrouver, on peut repérer 6 formes de fleur (simple, japonaise, semi-double, à collerette, en oeillet ou très double). On dit que la plante survivra facilement à son propriétaire, puisque elle peut vivre 100 ans et plus, si elle se trouve confortablement installée dans un terrain bien drainé, exposé soleil ou mi-ombre.

La beauté des pivoines vient de leurs couleurs délicates ou franchement vives et aussi, bien sûr, de leur éphémère mais grandiloquente floraison fin avril -mai. Les peintres aussi, l’ont célébrée et fixée sur la toile, notamment Renoir, Gauguin, Pissaro, Boudin. Le jardinier, lui, scrutera avec envie et impatience le développement des boutons et se désolera de la méchante pluie de début mai qui alourdira les boutons floraux déjà épanouis.

Moi je préfère les admirer au jardin. Mais, pour en conserver un peu de la splendeur et faire des bouquets qui durent « longtemps », il faut cueillir les fleurs juste au début de la floraison, puis les mettre au frais, sans eau pendant 24 heures. Coupez ensuite en biais 1-2 centimètres de tige et placez les pivoines dans un vase rempli d’eau tiède, les feuilles ne doivent pas toucher l’eau. Renouvelez la coupe et l’eau tous les jours et placer le bouquet hors de la lumière du soleil.

Et n’oubliez pas une petite pensée pour le modeste Toichi Itoh, si vous avez la chance de posséder un hybride dans votre jardin !

Faire la paix…

Dans les jardins de Suisse romande, en une quarantaine d’années, les choses ont bien changé. J’en parle car, en 2020, l’émission dominicale de la RTS « Monsieur Jardinier » célébrera les 40 ans de sa création. Je ne fais pas ici oeuvre de sociologue ni d’historienne, mais de simple observatrice. En 1980, la villa individuelle assortie de son gazon, son allée de rosiers et de sa haie de thuya constituait pour de nombreux Helvètes la promesse de la félicité domestique. Mais cette ataraxie bien ordonnée était souvent troublée par des hôtes indésirables, des parasites du plus mauvais aloi, des « mauvaises herbes », ou encore les résultats esthétiques ou de production insuffisamment conformes aux attentes. L’émission de conseils de jardinage a donc connu un succès immédiat tant la soif de conseils éclairés était grande, et d’ailleurs, ne se dément pas aujourd’hui. Mais qu’est ce qui, en 40 ans, a changé dans nos pelouses? Je me souviens, pour l’avoir entendu souvent, des questions du genre : »Il y a une poudre blanche sur mes rosiers, des taches sur mon gazon, des pucerons dans mes choux, etc., que faire pour y remédier? » Les réponses des experts de l’époque, souvent assorties de conseils du genre: « Utilisez un produit X, pulvérisez avec Y, arrachez, taillez !  » reflétaient bien dans l’air du temps… et je ne leur en fait pas reproche.

Depuis 2003, l’émission a banni toute référence aux produits phytosanitaires et je pense qu’elle a fait oeuvre de précurseur dans ce domaine et influencé de nombreux Romands vers une prise de conscience écologique. Certes, les questions des auditeurs sont encore les mêmes, mais les réponses diffèrent sensiblement, on y parle paillage, purins végétaux, taille raisonnée et surtout connaissance et acceptation de la nature, de ses cycles et de ses fantaisies. De nouvelles préoccupations, de nouvelles envies se manifestent: « Comment installer une prairie fleurie ? Accueillir les oiseaux, les abeilles ? Faire un petit potager au bas de mon immeuble ou cultiver sur mon balcon? » L’émission accueille aussi naturalistes, biologistes, géologues complétant une équipe de paysagistes et horticulteurs-trices, et peut satisfaire une vrai appétit pour les mystère de la nature: « Qu’est ce qu’est cette plante, cet insecte, cette graine? On y discute péponide, cotylédons, gymnosperme, anémogamie, marcescence, saxicole, miroir de Vénus ou gymnocarpe de Robert, et tout ça à 6 h du matin, c’est fort , hein?

Les enjeux climatiques, la chute dramatique de la biodiversité en Suisse sont, bien sûr, en arrière fond de cette évolution et l’oeuvre de pédagogie est ici capitale: la compréhension des besoins des plantes et animaux, la connaissance des sols, la mise en lumière de la complexité des systèmes écologiques, a, je pense, fait évoluer la perception des Romands de leur bout de jardin. Les conseils donnés par les pros ne sont jamais culpabilisants et, au contraire, encouragent les plus sceptiques à tenter de nouvelles voies, plus écologiques. Une relation plus apaisée, plus aimante avec notre environnement (immédiat) se développe. Bien sûr, la maîtrise reste un élément central mais l’émission nous offre même quelques moments de pure philosophie et de contemplation émerveillée.

Ringard, Monsieur Jardinier ? Bien au contraire, l’oeuvre est de salubrité publique, tant les zones villas qui ont envahi nos campagnes peuvent être de formidables chances pour la restauration de la biodiversité, pour peu que, nous les jardiniers, acceptons de faire la paix avec le vivant de nos jardins. En cela elle est un reflet de l’évolution de notre relation à la nature et à la nature domestiquée en particulier. Il y aurait là matière à une étude sociologique. En attendant, pour écouter par vous-même, vous êtes même pas obligés de vous lever à 6h. le dimanche matin! La page de l’émission vous offre tous les podcasts :

https://pages.rts.ch/la-1ere/programmes/monsieur-jardinier/

C’est ici !

Système bancaire et pommes de terre

Où il est question de rendement et de plaisir:  Les Suisses aiment leurs banques, ils reçoivent à leur naissance un carnet d’épargne. Vous vous souvenez de ce petit livret ? Le mien était rouge et bleu comme les célèbres bonnets de ski de la banque en question. Mais si l’argent de ma tire-lire sert à payer les bonnets et les gros bonnets de la banque,  et me resservir un taux d’intérêt de 1% (en me piquant au passage des frais de gestion qui bouffent l’intérêt), je me dis qu’il y a un tour de passe-passe qui fait de moi une pigeonne…

La nature, elle, est bien plus généreuse ! Une pomme de terre de 80 grammes, plantée au mois d’avril, vous offre entre 800 grammes et 1.5 kilo de tubercules au mois de septembre! Si un banquier vous proposait ne serait-ce que 4% « garanti », vous y regarderiez à deux fois. En plus, essayez de manger une pièce de 2 francs, ça fait mal aux dents !

Alors oui, pour avoir du rendement, il faut avoir une surface de plantation, travailler un peu, surveiller l’évolution des plantes, apporter du compost, faire fuir les prédateurs. C’est comme pour le fric (qu’on appelle volontiers le blé ou l’oseille…), faut surveiller les cours de la bourse, investir sur le bons produits. Pour ce qui est de faire fuir les prédateurs, regardez dans la direction de votre banque: actionnaires  et management sont grassement rémunérés avec vos patates !

Alors, y’a plus à hésiter : investir dans le jardin potager: pour manger sans pesticides, de bons produits variés et sains  que vous aurez la fierté d’avoir élevés vous-mêmes avec, cerise sur le gâteau, un rendement économique. Petit calcul à la louche:

  • achat d’un kilo de pommes de terre à planter, disons chf 4. – (ça peut aussi le faire avec celles que vous avez oublié au frigo, pourvu qu’elles soient bio, sinon, traitement retardateur de germination),
  • le travail du jardinier pour ce même kilo,  disons 20. –
  • un peu de matériel amorti en 5 ans, disons 3. –
  • 2-3 bricoles pour 2. –
  • notre investissement total est donc  de 32. –

Combien nous rapporte-t-il ? nous allons récolter entre 12  et 15 kilos, soit, suivant la variété entre 48.- et 60. -. Le rendement va bien sûr augmenter significativement avec le volume, en diminuant les coûts de production.

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Heureux les humbles…

Elles auront le jardin en héritage ! Les humbles au jardin, ce sont ces plantes qui passent, au mieux inaperçues car d’une décevante et apparente banalité, affligées d’un manque de panache et de spectaculaire. Au pire, elles sont l’objet de la fureur vengeresse du jardiner qui les traite de « mauvaises ». La chasse aux mauvaises herbes est une activité certes défoulante, mais chronophage et, il faut bien le dire, relativement inutile. On se pète le dos, on remplit des sacs qu’on amène à la déchetterie, et on recommence trois semaines plus tard. C’est un peu Sisyphe et son caillou, quoi !
En me promenant sur le site d’une  marque mondiale d’herbicides dont vous devinez le nom, j’ai trouvé 253 adventices (c’est le nom sérieux des mauvaises herbes) à éradiquer absolument, et bien sûr, avec tout ce qu’il faut de chimie pour le faire!

le célèbre rumex ou lampée

Je me suis aussi battue avec, mais avec les mains et les ampoules qui vont avec, la sarclette, le genou à terre, souvent découragée par l’arrivée de la petite pluie fine qui allait réduire mes efforts à néant.

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Je hais les haies de thuya…  Mais pourquoi tant de haine ? Vous êtes-vous déjà promené.e entre 2 murs de béton verts, taillés au cordeau militaire 2 fois par année, à grand renforts de machines pétaradantes? Tout ce qui est équarri finit à la déchetterie, car bien sûr, c’est inutilisable au jardin ! Zéro biodiversité là-dedans, impossible pour un oiseau d’y nicher ou pour un hérisson de s’y faufiler.
Le thuya est le résidu d’un autre monde, celui des zones villas émergées dans les années soixante, signe de la réussite sociale des Trentes Glorieuses : on protége son quant-à-soi, son gazon, son barbecue, sa piscine et son labrador. Une absence totale de poésie et de liberté, vous dis-je. Un cloître stérilisé et maîtrisé pour humains angoissés par la nature sauvage.

C’est moche, hein?

Tant qu’à faire, je préfère le béton qui s’assume franchement, qui ne fait pas dans la ruse idiote pour cacher ce qui tient tant à être caché. Au moins on peut le graffer !

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L’ami céleri

Le céléri-rave a une sale gueule. Les enfants le détestent le plus souvent. Sa mine suspecte, sa forte odeur de terre n’en font pas un ami des parents aux fourneaux.  Du coup, il est trop peu utilisé dans notre cuisine.

J’en connaît un qui lui a rendu un hommage élégant et subtil. Il s’agit de Pascal Gauthier, cuisinier du Restaurant du Jorat à Mézières, qui l’a décliné, il y a quelques années, dans un monochrome à l’huile de truffe blanche d’une apparence sobre mais d’une saveur à la fois subtile et très puissante.  Pascal Gauthier ferme son restaurant en cette fin d’année pour voguer vers de foisonnants nouveaux projets et c’était hier soir une dernière occasion de passer une soirée au Jorat. En amuse-bouche, devinez quoi ? Un céleri en rémoulade à la truffe blanche, qui décidément se marie merveilleusement bien avec notre ami mal-aimé. Vous vous souvenez de ces affreuses rémoulades de céleri de cantines scolaires noyées dans une pesante sauce à la mayonnaise censée éviter le jaunissement et le dégoût des jeunes palais ? Oubliez ! Simplement râpé cru, très frais, un peu de jus de citron (mais point trop n’en faut), peu de sel, un peu de poivre et quelques gouttes d’huile de truffe blanche… Magnifique ! Pour ma part, je le cuisine souvent en purée safranée (avec une ou deux petites pommes de terre pour adoucir sa saveur terreuse) en accompagnement d’une viande rouge.

Au jardin, le céleri-rave est  un exigeant qui prend son temps. Il lui faut 6 à 7 mois pour développer ses arômes et sa taille, qui peut parfois être impressionnante.

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Hommage aux maraîchers de Paris

Une ville à nourrir, c’est pas rien ! Fournir des légumes en primeur et hors-saison pour un million d’habitants, sans moyen d’importer la production des campagnes et provinces environnantes. Au milieu du 19ème, pas de trains routiers, pas de camions de 40 tonnes, pas de poivrons espagnols, de tomates marocaines, de concombres italiens. Il fallait produire à proximité.

Les techniques de maraîchage utilsées à cette époque étaient en symbiose avec l’environnement: imaginez la ville de Paris à cette époque (relisez Victor Hugo), le cheval est au centre de la vie économique et des tonnes de crottin sont produites… et pas perdues pour tout le monde: les maraîchers  en font grande consommation, leurs chevaux livraient à l’aube les légumes aux halles, et revenaient la charrette pleine de fumier, ce qui libérait les rues de tas de crottin susceptibles de contaminer l’eau et de transmettre des maladies.

Les maraîchers de Paris, dont l’habileté était déjà reconnue vers 1670 par Jean-Baptiste de La Quintinie, (voir mon précédent article) tirent leur nom de marais, terme qui désignait à l’époque les jardins aménagés sur des terrains bas, souvent anciennement marécageux, situés dans les villes ou aux alentours.

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Skopelos Red

Quand je pense à la Grèce, je pense en bleu et blanc, cliché, n’est ce pas ? La mer, les murs blancs, les chats maigrelets alanguis à l’ombre d’un figuier, etc.
Aujourd’hui, c’est dans le rouge que je vous invite à plonger.
L’année passée, ma copine Peggy qui va souvent sur l’île de Skopelos, comme pas mal de romands semble-t-il, m’a ramené quelques graines d’une tomate tellement savoureuse, tellement juteuse, tellement rouge, que je l’ai baptisée Skopelos Red (en anglais, c’est plus smart, en grec, je sais pas).
Plantée avec amour et toutes les attentions indispensables à sa croissance, repiquée en serre début mai, attendue mais sans trop d’attente, vu le climat d’ici. Et ma foi, c’est elle qui a gagné la course! C’est la première cueillie de 2018 !
Skopelos Red « Ten points » !!
C’est toujours une émotion de les voir pousser, de chercher le soleil, de faire les petites fleurs jaunes pleine de pollen. Bien sûr, l’oeil noir, on guette les attaques de mildiou, les taches suspectes. On attache, on taille sans pitié, on tâte l’humidité, mais surtout, tous les matins, à la fraîche, on vient leur souhaiter le bonjour.
Et mi-juillet, arrive la première. Elle fait la fiérote, devant toutes les autres qui sont en encore vertes de jalousie. Faut dire qu’elle est l’objet d’une attention encore plus soutenue, normal, on ne voit qu’elle !
Bref, vous voudriez peut-être savoir si elle est savoureuse cette Skopelos Red ? Eh ben, on n’a pas encore osé la goûter, elle repose si paisiblement dans la coupe à fruits. Ce soir : salade grecque ! Kalispera !

Les pommes de terre de Noël

Noël en plein mois de juillet, c’est la réjouissance de cueillir ou plutôt de déterrer les patates. Comme quand, enfant, on déchire avec excitation le papier brillant et bariolé du cadeau sous les yeux attendris des adultes, qui connaissent le contenu du paquet.
Cueillir les patates, c’est comme de trouver de l’or, sans devoir trop chercher. En fait, on est sûr de son coup..mais il y a quand une espèce de suspense, un petit effet d’étonnement émerveillé à chaque tubercule qui surgit de la terre chaude. On a peur d’en laisser, on gratte, on fouille. Le mieux, je trouve, c’est de le faire à la main. Le matin, à la fraîche, la terre pas encore trop chaude, juste humide de la rosée de la nuit, j’aime retirer avec délicatesse ces nobles fruits, garants d’accompagner des festins simples et partagés.
Cueillir les patates, c’est être plein de reconnaisance pour un miracle qui ne laissera jamais de m’étonner: Déposer une pomme de terre au mois d’avril, en retirer 7 ou 8 au mois de juillet, dingue non ? Beaucoup plus performant que toutes les bourses du monde!!
Cueillir les patates, c’est se dire que sans Monsieur Parmentier, le monde serait plus triste et plus fade. C’est aussi se souvenir que la pomme de terre a sauvé la vie de bien des gens lors des grandes famines du 19e siècle (enfin si le doryphore n’y a pas fait sa pitance avant la récolte).
Cueillir les patates, les mettre à l’abri pour l’hiver c’est vivre le cycle saisonnier de nos ancêtres communs, les paysans.
Bref, vous l’avez compris, j’adore récolter les patates et les manger…avec un peu de beurre salé et un Brillat-Savarin… Et vous ?

Il faut que tout le monde vive…

Quoique…
L’invasion de pucerons au potager de ce début d’été m’amène à reconsidérer cette position éthique que je croyais bien ancrée et largement partagée dans nos contrées. Oui, parce que si vous allez en Libye ou bien en Irak, ou en Syrie, ce n’est pas tout à fait la même chanson. Mais vous n’irez pas, hein ?
Revenons à nos pucerons : une invasion qui amène des coccinelles et des fourmis partout au jardin, ça c’est cool, c’est l’équilibre de la nature. Faut-il pour autant laisser faire ? Voilà une question morale pas si anodine que ça. Question que ceux qui veulent vous vendre des saloperies toxiques n’aimeraient que vous vous posiez.
Mais…au secours ! Mes plants de tomates sont envahis de pucerons, mes pommes de terre offrent gîte et couverts aux doriphores et je vous raconte pas les mulots, ni les limaces qui bouffent tout ce qui passe à leur portée.
Alors, quoi ? J’avoue que je suis bien embêtée. Et je cherche des solutions qui me permettent de belles récoltes et qui autorisent une minimum de vie animale dans mon jardin. En plus, je suis vraiment loin de comprendre ce qu’ils se passe dans ce système si complexe qu’est mon potager…et le vôtre aussi !

Bon, une recette,  que j’utilise dans mon vain combat contre les pucerons bouffeurs de verdure. À vous de voir!

MACÉRATION D’AIL

 L’ail que l’on trouve dans toutes les bonnes cuisines peut être utilisé comme insecticide et fongicide.

PREPARATION ET UTILISATION : Peler et hacher 100gr d’ail avec la peau. Ajouter 3 cuillère à soupe d’huile d’olive et laisser macérer pendant 24h. Filtrer et écraser.

Ajouter 1 cuillère à café de savoir noir liquide, bien mélanger et ajouter 1 l. d’eau

Diluer à 5 % et vaporiser les plantes le soir.

 

Voilà, et maintenant choisissez votre camp !

 

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